DIVERSES INTOXICATIONS

 

 


Les intoxications par les aliments et les produits d'entretien des animaux, de la maison, de la voiture et du jardin.  Docteur Aurélie Levaillant

DANS LA CUISINE:

Les aliments :

  • Les oignons et l’ail: toxiques methémoglobinisants les symptômes en aigus sont un bleuissement des muqueuses de l’animal, une suffocation et mort sans traitement dépendante de la quantité absorbée. On note une toxicité plus importante pour les aliments crus que cuits.

  • Le chocolat: vieux marronnier qui ressort tous les ans pendant la grève des confiseurs. Le chocolat contient de la théobromine, toxique cardiaque pouvant être mortel à dose importante.

  • Les raisins secs : toxique surprenant provoquant une hémolyse mais intoxication surtout rencontrée chez les chiens « nettoyant » les vignes à l’automne après les vendanges.

  • Les noisettes ou les amandes : le cyanure est un des composants important de ces fruits secs, une consommation excessive peut entrainer un arrêt respiratoire.

  • Les produits d’entretien :

    L’eau de javel : une ingestion massive est rare elle provoque des lésions buccales essentiellement.

    Débouche évier, lessive : leur présentation sous forme de cristaux entraine souvent une consommation majeure de soude ou de potasse, produits extrêmement basiques entrainant une coagulation des protéines et des ulcères évolutifs.

    Détachants pour vêtements

DANS LE GARAGE OU LA RESERVE DU JARDIN:

Les produits d’entretien de la voiture:

  • L’antigel: grand classique de l’intoxication vétérinaire elle est due à l’appétence des chiens pour l’éthylène glycol produit composant ces antigels qui est sucré. Extrêmement mortel à court terme il provoque des vomissements accélération de la respiration, dépression et coma

  • L’acide de batterie, huile de vidange : sont rarement ingérés directement mais l’animal mis en contact de ces produits (chat qui tombe dans la fosse de vidange) va se lécher pour se nettoyer. Lésions buccales, œsophagiennes et respiratoires. Les laver immédiatement avec du produit à vaisselle.

Les produits de bricolage:

  • L’antirouille

  • Les colles, joints, peintures (eau ou acrylique), vernis : leurs solvants sont extrêmement toxiques chez les oiseaux et les reptiles. Attention à la construction amateur de terrarium , celui-ci devra être laissé en plein air pendant 2 MOIS pour être correctement débarrassé des solvant diverses.

  • Les produits de traitement du bois : peuvent contenir de l’arsenic. Leur ingestion entraine des vomissements et des diarrhées hémorragiques.

Les produits de jardinage :

  • Les herbicides : peuvent contenir de l’arsenic ou du chlorate de soude. L’animal s’intoxique en se léchant les pattes après avoir marché dans le produit répandu à terre.

  • Les engrais, les anti mousse : sous forme solide ils sont facilement ingérés et contiennent des nitrates et des nitrites au goût salé et mortels à court terme (methémoglobinisation. Cf intoxication au paracétamol).

Les toxiques pour animaux:

  • les Molluscicides (anti limaces), Rodenticides (anti rongeurs), Corvicides (anti-corbeaux), Taupicides : sont TOUS toxiques pour nos animaux de compagnie. Parmi eux on distingue des toxiques convulsivants et d’autres à la fois convulsivants et dépresseurs. Certains sont des mélanges de convulsivants et de vitamine D (entrainant à grosse dose une insuffisance rénale aigue) et les anticoagulants responsables les plus fréquents d’intoxication dans le domaine vétérinaire.

  • Les anticoagulants : ils se présentent sous forme de cubes bleus ou de graines de blé bleues. Les chiens les mangent directement, ils doivent donc être placés avec soins afin que les chiens n’y aient pas accès. Une présentation sous forme de poudre à saupoudrer sur les traces de passage des rats est responsable d’intoxication chez le chat par léchage de son pelage souillé.

Une prise en charge rapide de l’animal permet de le guérir sans séquelles.

Les antipuces : nos animaux domestiques ont tous une physiologie particulière. Attention à n’utiliser que les produits destinés à cette espèce. Le chat peut être gravement intoxiqué par des produits pour chiens aussi vous ne devrez mettre sur votre chien que des produits pouvant être avalé par votre chat car le chat nettoie le chien. Attention aux lapins qui ne supportent pas grand chose !!


 

Toux de chenil ou trachéobronchite infectieuse

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Les chiens les plus exposés à la maladie sont :

Les chiens d'élevage, lors d’introduction d’un nouveau chien malade et ceux participant à des expositions ou regroupements de chiens.

Les chiens pratiquant une activité en regroupement (pension, dressage...)La toux du chenil est la pathologie la plus répandue en élevage canin. Très contagieuse, elle affecte des chiens partout dans le monde et un nombre important d’individus au cours de leur vie.

 

Plusieurs agents contribuent à l’entité « Toux de Chenil ». Les plus communs sont :

·          le virus parainfluenza,

·          la bactérie Bordetella bronchiseptica,

·          les mycoplasmes.

·          L’adénovirus canin,  et l’herpes virus canin contribuent également à cette maladie.

Chacun de ces micro-organismes peut être individuellement à l’origine des symptômes de la maladie, mais généralement la pathologie se développe avec plusieurs d’entre eux.

Le plus répandu, le virus para influenza, a un développement des symptômes en moins de 6 jours. Les vaccins offrent une protection satisfaisante.

Pour Bordetella bronchiseptica, bactérie la plus souvent isolée, les symptômes apparaissent 4 jours après l’exposition et disparaissent en 10 jours en l’absence de complications infectieuses. Mais après la résolution, les animaux atteints continueront à excréter la bactérie pendant encore 6 à 14 semaines et seront donc des sources de contamination pour d’autres chiens dans l’élevage. Le vaccin intra nasal assure une protection contre la Bordetella.

 

Généralement ces deux agents apparaissent concomitamment dans l’élevage, provoquant une pathologie qui disparaît en 14 à 20 jours.

Le symptôme principal est une toux sèche, profonde. Un jetage aqueux (narines mouillées) est souvent présent. Généralement, le chien reste alerte, actif et conserve un appétit normal. Le plus souvent on peut mettre en évidence un récent déplacement ou des contacts avec des congénères, comme lors d’expositions canines.

 Dans les cas les plus sévères, les symptômes peuvent s’aggraver : abattement, fièvre, inappétence et pneumonie peuvent même aboutir à la mort de l’animal. Ces complications se développent généralement chez les animaux immuno-déficients ou des chiots non vaccinés.

 

Le diagnostic s’appuie sur les commémoratifs et les symptômes observés. La culture bactérienne ou l’isolement du virus peuvent être réalisés pour mettre en évidence l’agent causal.

Il existe deux options dans le traitement selon la sévérité de l’atteinte. Le plus souvent dans les formes simples, l’antibiothérapie n’est pas utile sauf en cas de toux de chenil à Bordetella Bronchiseptica. Si le chien reste actif, avec un bon appétit et ne présente qu’une toux sèche sans atteinte de l’état général, on laissera la maladie évoluer spontanément vers la guérison. Afin d’augmenter le confort du chien, il est toutefois possible de limiter la toux en administrant des antitussifs, des collutoires. En complément, des broncho-dilatateurs lèveront les spasmes bronchiques.

Lorsque l’état général est atteint, quand l’animal perd l’appétit, a de la fièvre ou présente des signes de pneumonie, le traitement antibiotique sera indispensable (même si l’agent est un virus).

Les corticoïdes seront à éviter pour les risques d’immuno-suppressions qu’ils peuvent entraîner, mais aussi parce que la toux souvent grasse à ce stade, permet l’expectoration des glaires bronchiques et ne doit pas être entravée. Les broncho-dilatateurs et les aérosols (inhalation) complèteront le traitement. La consultation d’un vétérinaire permettra la mise en place d’un traitement approprié et rapide de l’animal, sans lequel l’aggravation et les séquelles sont souvent possibles.

La meilleure prévention consiste à éviter tout contact avec d’autres animaux contagieux.

La vaccination constitue une bonne alternative. Si votre chien est régulièrement vacciné avec un vaccin penta- ou septa- valent, il reçoit déjà des valences contre certains agents de la toux du chenil, en particulier contre le virus parainfluenza et l’adénovirus. Cependant ces vaccins ne procurent généralement pas une protection suffisante contre la maladie, même s’ils en limitent la gravité de l’atteinte et des symptômes.

La meilleure protection contre le virus parainfluenza et la Bordetella est issue du vaccin intra-nasal. Ce type de vaccin met en place une immunité locale des muqueuses et limite l’incidence de la maladie et des symptômes. Ce vaccin étant un vaccin dit "vivant", une maladie vaccinale peut apparaître dans la semaine à 3 semaines après le vaccin (éternuement, toux de trachéite, totalement bénigne et non contagieuse).